Yannick, chargé de production de concerts… au ralenti.

par Emile Rivet
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Yannick travaille depuis presque un an chez Volume prod, à Rouen. Chargé de production, il produit et diffuse des spectacles en tous genres. Depuis mars dernier, les choses se sont compliquées puisque presque un an s’est écoulé sans le moindre concert. Il nous explique comment un tel métier est envisageable dans un monde culturel en pause, et réagit aux dernières annonces de la ministre de la culture.

Comment exercer alors que les dates sont annulées ?

C’est très particulier, mais on continue à prévoir des dates. On n’a pas le choix car comme nous avons peu de perspectives s’arrêter serait fatal, car on sait que l’activité reprendra un jour. On en reporte aussi énormément de dates. On se met à jour, on fait des formations, du rangement…

Parfois on se demande pourquoi on fait ce métier. C’est dur et triste de ne pas avoir d’horizon, rien de bouge tout est reporté et il n’y a pas de date butoir. C’est vraiment démoralisant.

Comment se passe la communication avec les productions ?

Cela fonctionne un peu comme un schéma. D’abord il y a l’artiste, ensuite le manageur et enfin le tourneur. C’est avec ce dernier que nous communiquons. Et en ce moment, ça se passe plutôt bien puisqu’ils sont toujours ouverts à de nouvelles dates, quoi qu’il arrive, mais comprennent aussi bien que nous que la situation actuelle nous empêche d’avancer. Alors on prévoit des dates que l’on décale et on essaie d’avancer.

Pensez-vous qu’il soit possible de faire des concerts masqués, en maintenant la distanciation sociale ?

C’est cent pour cent possible et sûrement essentiel désormais. Par contre ça a ses limites, pour Bercy et les grandes salles par exemple, on ne peut pas louer la salle à un prix pour ne la remplir qu’à moitié voire un tier au final, ce n’est absolument pas rentable. Pour les salles plus petites, c’est totalement faisable. La ministre a annoncé la mise en place de concerts tests à l’Accorhotel Arena (Bercy) et au dôme de Marseille début mars, en fonction des résultats nous verrons quelles possibilités nous pourrions envisager.

Qu’attendez vous de plus de de la part du gouvernement ?

Nous voulions une deadline, des dates précises et c’est à peu près ce que nous avons eu. Nous savons désormais que nous serons limités à 5000 personnes assises en plein air. Cela amène à repenser plein de choses mais au moins, le brouillard se lève légèrement. 

En revanche, tout ce que nous avions prévu entre aujourd’hui et l’été tombe à l’eau. Mais au moins on peut commencer à se projeter.

Ce sont des aides financières dont nous avons besoin. Il y en a mais elles sont très sélectives et très faibles. La répartition est déséquilibrée et assez floue. Organiser des concerts nous permettrait aussi de renflouer les caisses. Même si on a des perspectives, on sait aussi que l’on aura pas de revenus avant octobre et septembre prochain au moins, donc même si cela redonne du sens, c’est aussi assez douloureux.

Faut-il s’attendre à une réouverture des salles à l’automne 2021 ?

Il y a des bruits de couloir disant que tout pourrait reprendre normalement à l’automne mais je n’y crois pas trop. Il ne faut s’attendre à rien à part à des jauges réduites, en distanciel et assises, avant 2022.La nous aurons peut être des concerts masqués et debout. Peut être pouvons nous s’attendre à un redémarrage normal à l’automne 2022 ? En vérité on n’en sait rien…

Pensez vous que les gens reviendront lors de la réouverture ?

Oui sans hésiter. Par exemple, les concerts mis en vente fin 2019 ont eu beaucoup d’achats mais peu de gens ont demandé un remboursement. Certains concerts comme Wejdene ou encore Grand corps malade ont fait beaucoup de ventes alors qu’ils ont été annoncés en temps de confinements. 

Cependant, certains spectacles sont tellement reportés qu’ils ne seront plus d’actualités. C’est un problème qui risque d’être récurrent et de perturber le public et certains artistes.

Dans tous les cas nous sommes aussi impatient que le public de pouvoir ouvrir nos portes, peu importe les conditions.

Moi c'est Émile, je suis passionné par la photographie et le voyage. J'ai fait des études dans l'audiovisuel et j'espère pouvoir devenir reporter. Dans tous les cas, voyager grâce à mon métier. Le cinéma me passionne aussi, de l'héroic fantasy à la comédie romantique, tout me va ! À Allumette, je suis responsable image et photo ! En quelques mots j'espère vous en mettre plein la vue.

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