L’île Seguin rend chèvre les promoteurs immobiliers

par Benjamin Watelle
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Le taux de vacance des immeubles de bureaux explose en Île-de-France

Le contentieux entre le consortium DBS et le collectif “Vue sur l’île Seguin à propos du projet d’aménagement de l’île Seguin dure depuis près de 10 ans. Protection de l’environnement et création d’un centre culturel dans les Hauts-de-Seine sont les 2 visions principales qui s’opposent entre les 2 parties, mais la pandémie de Covid-19 a fait apparaître de nouveaux enjeux.

L’île de tous les enjeux actuels

François Pinault, Yves Bouvier, Vincent Bolloré… Ils sont nombreux à avoir proposé des projets d’aménagement de l’île Seguin depuis la fermeture de l’usine Renault en 1992. Tous se sont heurtés aux associations de riverains et de protection de l’environnement et ont dû abandonner leurs projets. Porté par le consortium DBS, constitué des groupes de promoteurs immobiliers Vinci, Icade et Hines, c’est le projet de construction de 6 immeubles de commerces et de bureaux sur l’île qui est aujourd’hui vivement contesté. Pour Lionel et Michel, membres du collectif “Vue sur l’île Seguin” regroupant les dizaines d’associations environnementales les ayant rejoint dans leur lutte, ce plan local d’urbanisme (PLU) de l’île est du “vandalisme écologique”.

Parmi leurs arguments, beaucoup sont environnementaux et sanitaires, mais l’un d’entre eux est plus inattendu : est-ce vraiment utile de construire des immeubles de bureaux alors que le secteur immobilier va mal ? Et d’après eux, les surfaces de bureaux à louer ne sont pas ce qui manque en Île-de-France.

Une épidémie du taux de vacances des espaces de bureaux

Il est vrai que depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19 en France il y a presque un an, le monde du travail a été complètement chamboulé. Avec le développement forcé du télétravail, les salariés fréquentent beaucoup moins les bureaux qu’avant. D’après l’établissement public Paris-la-Défense, la fréquentation du 4ème plus grand quartier des affaires du Monde a par exemple baissé de 40% par rapport à 2019. C’est en Île-de-France que se concentre l’essentiel du marché de location de bureaux. Selon le bilan trimestriel Immostat faisant référence dans le domaine, la superficie totale de bureaux loués dans la région a diminué de 58% par rapport à l’année précédente.

Un avenir loin d’être tout tracé

Pour les membres du collectif “Vue sur l’île”, la pandémie de covid-19 a montré que la construction d’immeubles de bureaux est loin d’être essentielle actuellement. Bien que 91% des espaces de bureaux en construction soient annoncés comme déjà réservés, pour le collectif ce n’est pas suffisant. Selon eux, ces bureaux seront utilisés pendant 5 ans car les taxes sont moins élevées pour les immeubles neufs, mais ils seront ensuite délaissés pour d’autres bureaux plus récents. En accord avec son temps, l’île Seguin n’a pas fini de faire parler d’elle tant elle cristallise les enjeux du “monde d’après”.

“Get the info or die trying”. Je m’appelle Benjamin et imaginer ma vie comme un film m’occupe la majeure partie de la journée, le reste du temps je le consacre à devenir journaliste. Originaire du Berry passé par Tours et la Belgique j’aime le cinéma, les voyages et la musique. Comme un micro dans un open mic, je donne la parole à tout le monde.

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