Johanna V, rencontre avec une institutrice stagiaire

par Léa Bassier
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Le statut d’instituteur stagiaire est une étape importante dans la vie d’un professeur des écoles dont on entend peu parlé. Il s’agit de la première année durant laquelle l’étudiant s’occupe de sa propre classe en totale autonomie. Rencontre avec une jeune institutrice stagiaire qui est en poste en région Parisienne depuis septembre 2020.

Comment on se sent le mardi 1er septembre à 8h quand c’est notre première rentrée des classes ?

Le 2 septembre à 8h, ça été compliqué. Avec la situation sanitaire certains de mes élèves
n’étaient pas retournés à l’école depuis le mois de mars. J’ai récupéré des élèves qui avait le
niveau d’élèves de milieu d’année de CE1 pendant que d’autres, qui avaient travaillé à la maison
durant le confinement, eux avaient le niveau CE2. Au début, j’ai dû homogénéiser le niveau et on
a très peu avancé. En plus j’étais avec eux qu’une semaine sur deux alors cela été encore plus
stressant pour moi!

Vous dites que vous êtes avec vos élèves qu’une semaine sur deux, quelle est votre semaine type alors ?

Durant la première partie de l’année, de septembre à décembre, j’avais une semaine à la fac
et une semaine à l’école avec les enfants. Une semaine c’est très court et finalement on a pas le
temps de faire grand-chose ni de réellement pourvoir suivre ce qu’on fait avec eux.
Depuis le mois de janvier je suis deux semaines à la fac puis deux semaines à l’école, ce qui est
bien mieux car j’ai le temps de faire plein de choses avec les élèves et j’ai le temps de plus
approfondir les notions avec eux.

Comment cela se passe pour vos élèves si vous êtes à la fac deux semaines par mois ? La classe est-elle assurée par une enseignante expérimentée ?

Quand je ne suis pas là, ils ont une autre étudiante qui n’est pas en master comme moi mais en
DU (note de la rédaction : diplôme universitaire). Nous alternons: elle est à l’école les deux
premières semaines du mois et moi les deux dernières. Aucune enseignante expérimentée
n’intervient dans notre classe alors au début j’appréhendais beaucoup. Mais je me suis aperçue
que les enfants n’avaient pas la notion de l’âge, pour eux je suis une adulte c’est tout.
Forcément ça amène des anecdotes, comme le jour de la rentrée où ils se sont aperçus que je portais les mêmes Nike qu’eux! Forcément je n’ai pas une très grande différence d’âge avec mes
élèves, ils ont 8 ans donc je pourrais être leur grande soeur!

N’est-ce pas trop difficile d’être seule avec 30 élèves ?

La formation est très théorique et nous ne sommes pas du tout préparés pour être sur le terrain.
Par exemple, les troubles de l’apprentissage comme les « dys » (ndlr : dysphasie, dyslexie,
dysorthographie) sur lesquels nous avons eu un seul cours sur deux ans alors que dans ma
classe j’ai deux élèves dyslexiques avec qui j’essaie de faire face, toute seule depuis le mois de
septembre.

Quelle est la vision des parents d’élèves concernant votre statut de stagiaire ?

C’est la chose que j’appréhendais le plus mais finalement je suis tombée sur des parents très
bienveillants. Avec mon binôme nous leur avons expliquer notre statut lors de la réunion de
rentrée. Ils ont tout de suite été très encourageants. J’ai même deux mamans d’élèves qui sont
elles aussi institutrice, qui sont venues me voir en me disant que si j’avais besoin je pouvais
compter sur elles!

Un mot de la fin ?

Je dirais que c’est un métier très compliqué. Il y a des jours plus difficiles que d’autres et où
j’aimerais avoir plus de temps pour moi car c’est très prenant comme profession. Mais je ne
regrette absolument pas mon choix, quand j’arrive en classe devant les élèves j’oublie tous les
aspects négatifs. Le matin même quand je me lève du mauvais pied, je sais qu’à 8h30 je vais
retrouver mes élèves et c’est vraiment la meilleure chose qui soit!

Je m'appelle Léa et je suis passionnée de photographie depuis toute petite. Je ne suis pas aussi douée qu’Henri Cartier-Bresson mais j’aime pouvoir capturer des moments uniques. J’aime aussi le sport que je pratique quotidiennement et les voyages ! Je passe mon temps libre entre Twitter et Insta alors le rôle de directrice de la communication a été une évidence pour moi !

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