Le collage féministe, militantisme de l’ombre

par Lison Bourgeois
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Pomme, jeune étudiante en journalisme, est l’une des six fondatrices du mouvement des “colleuses” à Millau. Ce mouvement féministe attire l’attention des citoyens et des politiques en collant des messages et slogans sur les facades urbaines. Une rencontre qui permet de nous interroger sur la possibilité de faire cohabiter combat social et objectivité journalistique.

Militante la nuit et journaliste le jour

F.E.M.I.N.I.C.I.D.E. D’immenses lettres noires. Une lettre par feuille. Une peinture nette, précise et des slogans qui défient le regard de chaque passant. Mouvement de l’ombre, les colleuses se mobilisent et agissent la nuit. Mais les seuls noms visibles sont ceux des victimes de féminicides. Les militantes déambulent dans les rues dans un total anonymat. Une protection qui a permis à Pomme de garder son travail de journaliste. “C’est hyper important, pour moi, de pouvoir rester dans cette ombre là” admet-elle. Quand il y a des manifestations féministes, Pomme se tient face à la foule. Avec son appareil photo et son œil de journaliste, elle analyse l’événement avec objectivité. Sans y prendre part. Pour Pomme, le journalisme militant n’est pas en contradiction avec l’objectivité journalistique et il devrait avoir sa place dans le monde médiatique.

“Que tu sois militant ou pas, tu as forcément tes convictions. Je préfère être totalement honnête !” souligne t-elle.

À 20 ans, Pomme a trouvé sa manière d’écrire le mot “journaliste” : en capitale noire placardée au mur et à la vue de toutes et tous.

Un combat social qui est devenu un besoin

Assise sur le lit de sa chambre d’étudiante, Pomme se souvient de cette première rencontre avec la “sororité des colleuses” dans sa ville natale. En mai 2020, un post instagram lance un appel à bénévole pour créer le premier groupe de colleuse à Millau. Pomme et quatre autres filles se sont alors réunies pour élaborer leurs premières actions. Quelques jours plus tard, un premier collage s’organise. Une activité qu’elle poursuit dans sa ville étudiante, à Montpellier. Avec beaucoup plus de militantes et une organisation solide et détaillée, le nouveau groupe accueille Pomme avec une solidarité qui l’impressionne. Pomme se souvient de ces premiers moments de partage mais aussi des discussions avec quelques passants curieux. Aujourd’hui, elle décrit le collage comme un besoin. “J’ai découvert un sentiment de puissance et de liberté qu’on ne peut pas imaginer sans le vivre” explique t-elle.

Puis elle s’exclame :”La rue nous appartient enfin !”

Les "colleuses" sont des militantes féministes qui arpentent les rues des villes françaises pour coller des slogans au mur.
Les « colleuses » agissent rapidement et de manière méthodique. Cr : Lison Bourgeois

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A quelques lettres près, mes parents auraient pu m'appeler Louise Bourgeois. Faute de quoi, je défends aujourd'hui son combat féministe avec ferveur. Chaque article est une rencontre puis des heures de travail pour retranscrire le mot juste et porter votre voix !

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